Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un sujet qui me semble élémentaire depuis la rédaction de mon livre « Devenir expert de la surjeteuse » : les outils indispensables pour bien travailler à la surjeteuse. En effet, si vous n’avez pas ces quelques outils essentiels, l’utilisation de votre surjeteuse sera particulièrement fastidieuse.
Vous avez investi dans une surjeteuse — ou vous êtes sur le point de le faire (dans ce cas, j’ai également écrit un article qui pourrait vous intéresser : « 3 critères essentiels pour choisir sa surjeteuse ») — et vous vous demandez par où commencer côté équipement ou ce qu’il pourrait vous manquer ? Cet article est fait pour vous. Vous le verrez, il suffit de peu d’outils mais des bons.
En effet, l’utilisation d’une surjeteuse requiert plusieurs outils et accessoires : certains sont communs à la couture en général (consultez à ce sujet mon article « Quel matériel choisir pour bien débuter en couture? »), d’autres sont spécifiques à l’utilisation de cette machine. De mon côté, j’ai réuni ici uniquement les indispensables – ceux sans lesquels vous serez véritablement gêné dans votre pratique – pour vous éviter de vous retrouver bloqué en plein projet.
D’ailleurs, si vous débutez avec votre surjeteuse et que vous souhaitez aller plus loin dans la maîtrise de cette machine, je vous invite à découvrir mon livre « Devenir expert de la surjeteuse », paru récemment aux Editions de Saxe. Il s’agit d’un guide complet qui vous accompagnera pas à pas, depuis le choix de votre machine et vos outils, jusqu’à l’adaptation de vos fils, de vos aiguilles, en passant par les étapes d’enfilage, de réglage de la tension et de réglage des différents points de surjet.
La pince brucelles, l’alliée indispensable de la surjeteuse
Il s’agit sans doute de l’outil le plus emblématique de la surjeteuse – celui que toutes les couturières et couturiers qui travaillent régulièrement avec cette machine doivent avoir en permanence à portée de main. La pince brucelles est une pince fine à bec effilé, généralement coudé (ou droit selon les modèles) et en métal, qui sera le partenaire indissociable pour chaque utilisation de votre surjeteuse. Vous pourrez en trouver une ici ou là.
Pourquoi est-elle indispensable ? La surjeteuse demande un enfilage spécifique et minutieux, avec plusieurs fils sur des chemins qui peuvent s’avérer particulièrement escarpés et complexes à atteindre. Elle vous permettra de saisir et manipuler vos fils avec une précision et une facilité remarquables, là où vos doigts ne parviendraient à se glisser aisément, en particulier :
- Pour l’enfilage de vos boucleurs, elle sera indispensable pour réaliser le chemin d’enfilage, ressortir le fil une fois le chas enfiler et positionner vos fils correctement vers l’arrière de la machine. Par ailleurs, vous aurez besoin de cette pince que vous possédiez une surjeteuse à enfilage manuel (comme la surjeteuse MO 080 de Juki que je vous présente dans cet article) ou à enfilage automatique (comme la surjeteuse Enlighten de baby Lock, dont je vous parle dans cet article).
- Pour l’enfilage des aiguilles, elle aura également la faculté d’enfiler le chas facilement et de ressortir le fil pour le positionner correctement, sachant que les surjeteuse, au contraire des machines à coudre, ne présente pas d’espace de travail à droite des aiguilles. Il s’agit donc d’un espace particulièrement restreint difficile d’accès.
- Pour la couture, elle pourra également vous permettre de tenir vos tissus et mercerie avant le passage sous la machine, en venant prendre l’emplacement habituel de vos doigts. En effet, pour certaines personnes, l’utilisation de cette pince est plus spontanée que celle des mains avant le passage sous le pied de biche, notamment pour la réalisation des couture en arrondi ou la pose d’élastique par exemple.
Bref, c’est l’accessoire obligatoire pour utiliser sereinement sa surjeteuse. La bonne nouvelle c’est que cette pince est généralement fournie lors de l’achat de votre surjeteuse. Toutefois, certaines surjeteuses entrée de gamme n’en proposent pas. Par ailleurs, si vous avez acquis une machine d’occasion ou suite à un don d’une connaissance, il se peut qu’elle soit manquante. Dans ce cas, il sera fondamental que vous vous doutiez de cette pince brucelles. Enfin, il peut arriver – après un usage prolongé ou une utilisation inadaptée – qu’elle se torde et doive être remplacée.

Les pinces clips, sécurisante pour la surjeteuse et les tissus mailles et jersey
Les pinces clips sont des pinces de couture en plastique qui constituent une alternative aux épingles classiques – et cette alternative est, dans le cadre de la surjeteuse, véritablement précieuse. Elles existent dans différentes tailles (largeur et longueur), je vous conseille une taille standard, comme pour celles-ci.
De mon côté, je suis fondamentalement une adepte des épingles pour la couture en général. Je les préfère 100 fois aux pinces clips, par habitude mais aussi car je les trouve un peu plus précises et plus polyvalentes (étant utilisables de la coupe du patron jusqu’à l’assemblage final et aux assemblage au milieu de pièce ou loin du bord du tissu).
Toutefois, lorsque je travaille à la surjeteuse, mais aussi pour l’assemblage de la maille et du jersey, les pinces clips me semblent bien plus adaptées.
- D’abord, elles sont souvent plus faciles et rapides d’utilisation, en particulier pour les mailles et/ou les tissus épais (jean, sweat, molleton, matelassé, lainage, etc.). Ainsi, si vous cousez régulièrement des sweat, des blousons, des jeans ou des projets d’ameublement, les pinces clips deviendront très vite vos meilleures alliées.
- Ensuite, l’utilisation des pinces clips pour assembler votre projet avant de passer sous la surjeteuse, vous permet une meilleure visibilité, ce qui vous contraint à les retirez naturellement avant qu’elles n’approchent du couteau de la machine. Or, ce n’est pas le cas des épingles et il s’agit là d’une des erreurs les plus fréquentes avec la surjeteuse : oublier une épingle et la voir passer sous le couteau. Malheureusement, dans ce cas, l’épingle peut se tordre et/ou se casser, parfois même des petits bris d’épingles viennent se placer sous les aiguilles ou à l’intérieur du mécanisme de la surjeteuse. Mais, surtout – et c’est là le plus problématique – elle peut fortement endommager le couteau de la surjeteuse. Le couteau de la surjeteuse est un outil utilisé pratiquement à chaque utilisation et son remplacement peut s’avérer onéreux (généralement entre 30 et 50 euros selon les modèles), alors autant le préserver en retirant bien les épingles et éviter ainsi d’émousser ou abîmer le couteau.

Le remailleur (ou l’aiguille à laine ou à tapisserie), pour des surjets sécurisés
Pour ce troisième outil, je vous propose une alternative car les 2 outils vous permettront d’obtenir un résultat similaire, à vous de choisir ce qui vous convient le mieux. De mon coté, j’ai déjà choisi mon chouchou.
- La première option : L’aiguille à laine ou à tapisserie : Il s’agit d’une aiguille dont le chas, particulièrement large, permet de venir insérer les chainettes de fils du surjet à l’intérieur de celui-ci pour les bloquer. Celle-ci, normalement, vous l’avez déjà toutes et tous dans votre boite de couture, elle a donc l’avantage d’être disponible et facile à appréhender et utiliser. Vous pouvez en retrouver ici.
- La deuxième option (et ma préférée) : Le remailleur : Il s’agit d’un petit accessoire de couture doté, à son extrémité, d’une sorte de mini-crochet qui peut s’ouvrir et se fermer grâce à un clapet. Là aussi, il permet d’attraper les chainettes de votre surjet et de les rentrer à l’intérieur en un geste précis, rapide et efficace. De mon côté, c’est cet outil que je privilégie nettement. Une fois que l’on a pris le coup de main (ce qui arrive très rapidement), les finitions se font en quelques secondes avec un résultat parfaitement net et propre. Je trouve que c’est vraiment un accessoire intéressant lorsque l’on coud à la surjeteuse. Lorsque vous choisissez un émailleur, veillez à choisir un modèle spécifique de remailleur, qui se distingue du crochet présent à l’extrémité des retournes biais. En effet, le crochet du retourne biais est bien plus gros que celui du rimailleur, ce qui en fait un outil ni pratique, ni précis, vous risqueriez soit de ne pas parvenir à rentrer vos surjets, soit des les aimer. Je vous laisse les références de mon remailleur chouchou ici.
Peut-être me direz vous » Mais à quoi ça sert de rentrer ses chainettes de surjet ? ». Effectivement, ça ne va pas de soi, et pourtant, cette étape est essentielle lorsque l’on coud à la surjeteuse pour terminer proprement ses surjets de surjeteuse et sécuriser ses points. Contrairement à la machine à coudre, qui permet de réaliser des points d’arrêt, la surjeteuse ne propose pas cette option. Il est donc nécessaire de nouer les extrémités de surjet ou de rentrer vos chaînettes de fils à l’intérieur du surjet lui-même pour obtenir des finitions propres et durables. C’est ici qu’interviennent ces 2 outils : l’aiguille à laine ou le remailleur. Ils seront donc utiliser à chaque couture à la surjeteuse.


Les aiguilles spéciales surjeteuse
Aussi surprenant que cela puisse paraître pour qui débute, la surjeteuse n’utilise pas nécessairement les mêmes aiguilles que votre machine à coudre classique. Il s’agit là d’un point essentiel à connaître pour éviter les mauvaises surprises.
En effet, votre surjeteuse est équipée d’une ou deux aiguilles, selon les points de surjet à réaliser. Ces aiguilles doivent être spécifiquement adaptées à la surjeteuse – on les appelle des aiguilles « overlock » – et leur conception particulière fait toute la différence :
- Elles possèdent une pointe profilée qui permet de mieux pénétrer les tissus et de former des boucles bien nettes, ce qui garantit la qualité et la régularité de votre surjet ;
- Elles sont aplaties, afin de permettre un passage facilité des boucleurs de la surjeteuse. A défaut, vous risqueriez d’abîmer vos boucleurs et votre machine.
Tout comme pour la machine à coudre classique, le choix de l’aiguille doit par ailleurs être adapté au type de tissu que vous travaillez. N’hésitez pas à vérifier le manuel de votre surjeteuse pour les choisir parfaitement adaptée à votre machine. Généralement, vous pouvez les trouver sous les références suivantes :
- ELx705 CF : pour les tissus chaîne et trame (coton, lin, viscose, tissus tissés en général) – A retrouver ici ;
- ELx705 SUK : pour les tissus en maille (jersey, molleton, interlock) – A retrouver ici.


Mon livre dédié pour aller plus loin avec votre surjeteuse
J’espère que cet article vous aura permis d’y voir plus clair sur l’équipement de base à réunir avant de vous lancer (ou de vous perfectionner) à la surjeteuse. Bien entendu, il existe d’autres outils et accessoires utiles selon vos projets, mais ceux-ci constituent le kit de base que je vous recommande d’avoir à portée de main.
Si vous souhaitez aller plus loin dans la maîtrise de votre surjeteuse – enfilage, réglages, types de surjets, finitions, projets complets – je vous invite à découvrir mon livre « Devenir expert de la surjeteuse », paru aux Editions de Saxe (à retrouver ici sur Amazon, la Fnac ou Les Editions de Saxe). Il s’agit d’un guide structuré en 20 leçons progressives, accompagnées de 5 projets concrets, qui vous permettra de comprendre en profondeur le fonctionnement de cette machine et de l’utiliser avec aisance. De mon côté, c’est le livre que j’aurais aimé avoir quand j’ai commencé à travailler avec la surjeteuse.
Je vous retrouve très prochainement pour de nouvelles ressources couture. D’ici là, belle couture à toutes et à tous !


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Liens utiles
- Mon livre « Devenir Expert de la surjeteuse », aux Editions de Saxe (à retrouver sur Amazon, la Fnac ou Les Editions de Saxe)
- Ma page dédiée à mon livre « Devenir Expert de la surjeteuse » (à découvrir ici)
- Ma Wishlist avec ma sélection d’outils de couture surjeteuse (à retrouver ici)
- Ma Wishlist avec ma sélection de surjeteuses (à retrouver ici)
- Mon article sur les 3 critères essentiels pour bien choisir sa surjeteuse (à lire ici)
- Mon article sur la surjeteuse Juki MO-080 (à lire ici)
- Mon article sur la surjeteuse Enlighten de Baby Lock (à lire ici)
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